L'antre d'un loup solitaire

Le blog d'un vieil étudiant un peu asocial, un peu schizophrène, mais qui se soigne.

vendredi, octobre 08, 2010

Corée - Jour 1 : rencontre avec un spécimen du folklore local

Après avoir à peine franchi le service d'immigration, nous eûmes la chance, que dis-je, l'honneur! de rencontrer un personnage typique du folklore local. Ce n'est qu'après en avoir discuté avec nos parents qu'on apprit que c'était un individu particulier au pays du matin calme mais qui commence à se répandre aussi en France. J'ai changé mon argent avant le cordon de sortie et mon frère après, ce qui fait que quand je l'ai rejoint, je n'ai pas compris que le quidam l'avait déjà collé, surtout qu'il l'avait vu obtenir des devises. On devait prendre le bus, mais moi on m'avait dit qu'après le bus, il faudrait prendre un taxi et on m'avait juste dit que mon frère "savait". Or, il ne savait pas et bon, j'ai un peu joué au con aussi. Inutile de se disputer dans l'attribution de la responsabilité qui est partagée, on en a suffisamment débattu dans l'engueulade consécutive, pour bien commencer le voyage. En tout cas, le loustic savait y faire. Ce qui fait qu'on est tombés facilement dans le piège de cet énergumène (lé couillon il é tombé dans lé piège). On a été eus, piégés, arnaqués, roulés, pigeonnés, niqués, baisés, enculés.

Maintenant, vous vous demandez sans doute de quelle espèce d'escroc on parle, et à quoi la reconnaître. Premièrement à son approche marketing agressive dans un sous-continent où on ne cherche pas le client mais où on fait la queue pour prendre le chaland qui vient. En effet, il se saisit de la valise de mon frère, nous obligeant ainsi à le suivre jusqu'au parking en sous-sol, ce qui est aussi un signe car les professionnels honnêtes travaillent dans la rue où se déverse le flux de gens sortant de l'aéroport. Deuxièmement, il n'a pas de signalisation intrinsèque au métier sur le toit, à ce moment là on aurait dû se barrer, mais on avait déjà le doigt dans l'engrenage, le bras devait suivre. Enfin, un faciès de rat qui joue l'hébétude quand on lui parle pour mieux nous mettre devant la réalité d'un compteur bidon qui n'arrête pas d'augmenter n'est peut-être pas tout à fait caractéristique, mais c'est un atout dans ce métier de faux taxi (je n'ai pas dit que les asiatiques avaient des faces de rats, non, que celui-ci oui, plus que les autres, non non, c'est pas ça hmm, non, en plus j'ai des rats dans mes amis, non non, oops, merde, je m'enfonce). Toujours est-il que bien que le compteur affichât dans les 170,000 wuons, et que nous n'acceptâmes de régler que 100,000 wuons (environ 70 euros) dans un sursaut d'orgueil, nous dépensâmes plus de dix fois le prix d'un ticket de bus.

Sur la bête autoroute à 5 voies entre l'aéroport et la capitale, nous pûmes constater un des grands défauts de la Corée, à savoir la construction à outrance. En effet, un élargissement à 10 voies était en train d'être construit ainsi que des routes perpendiculaires enjambant celle-ci. Parfois, il manquait le pont, parfois il y avait le pont sans route. Bref. Pas étonnant qu'ils construisent des buildings dans les interstices qui restent entre deux autres en essayant de gagner en hauteur pour que les étages les plus élevés aient un horizon de plus de 5 mètres. Enfin bon...

Nous finîmes par arriver dans un hôtel de grand standing où la boîte de mon père a des prix, belle chambre au 23e étage. Nous ne devions y passer que la matinée. J'en retins les chiottes delux les plus complexes de tout le voyage : curseurs de température du siège, de température et force du jet d'eau ; boutons de jet arrière ou avant (pour ne pas être vulgaire) et unique fois où j'ai vu un sécheur à air chaud. J'allai nager avec ma mère dans la piscine après avoir erré dans le labyrinthe du vestiaire. Je fis quelques longueurs dans un bassin certes petit mais pas trop. Ensuite, je tombai sur ce qu'ils appellent là-bas sauna mais qui est un jacuzzi collectif. Je rentrai juste un peu et sortis car il fallait y être à loilpé. Pour les proportions, c'est connu, c'est le contraire du veilleur de nuit noir, rassurant... mais bon il s'agissait de personnes âgées et j'ai pu constater par la suite que la jeune génération bodybuilée (cause ou effet ? ou découplé ?) n'avait pas à avoir de complexe.

Nous déjeunâmes sans mon père dans un truc familial. Juste une grosse soupe avec des pâtes, des légumes, des fruits de mer (toujours beaucoup de calamar). Epicé et chaud, une vraie torture. Mais goûtu. Comme de coutume, pour patienter avant que les plats soient servis, on nous offre en entrée diverses spécialités dans une demi-douzaine de petites assiettes. Je n'ai pas le souvenir qu'il y avait du fameux kimchi (coucou gonzolino), mais j'ai retenu les cubes de radis épicés mais pas trop, à moins que ce soit dû à la fraîcheur.

Après, toute la famille partit par le train à Busan, la deuxième ville du pays, puis en taxi jusqu'à l'appartement de mon père. J'étais épuisé, comateux dans le train et le taxi, je ne pus que constater que l'appart était tout à fait comme j'aime, je m'endormis presque instantanément, comme ça ça laisse quelques trucs à dire dans le post suivant.