L'antre d'un loup solitaire

Le blog d'un vieil étudiant un peu asocial, un peu schizophrène, mais qui se soigne.

vendredi, août 13, 2010

Aï versus koi : nani ô shaimasu ka

Je ne lis pas tant que ça à cause de mes autres occupations, mais quand même je tiens une bonne moyenne, je me rends compte que depuis les 6 derniers mois où je n'ai pas parlé de littérature, j'ai au moins lu 20 romans car les derniers livres cités ont quitté ma PAC (pile à compresser, à ne pas confondre avec la PAL : pile à lire). Je ne vais pas essayer d'être exhaustif, autant pisser dans un shamisen comme dirait Amélie Nothomb dans son livre Ni d'Ève, ni d'Adam dont je vais vous parler un petit peu.

Certains aiment les fictions de cette écrivain et détestent ses oeuvres autobiographiques à cause de sa fatuité qui frise la mégalomanie. Dans ses fictions, que j'aime aussi, je trouve que les situations sont souvent un peu trop caricaturales mais le récit est toujours suffisamment particulier pour apporter quelque chose. Dans ses livres autobiographiques, je retrouve une plus grande simplicité dans la narration, de l'humour auto-ironique léger et, finalement, comme je l'apprécie, ses envolées mégalomanes me font gentiment sourire, et puis c'est une femme après tout, ça reste des grands enfants égocentriques jusqu'à la première ride au moins. Le seul truc que je pourrais lui reprocher c'est ses phrases où pour exprimer une idée intéressante, elle écrit toujours "C'est ..." en affirmant une idée comme une vérité toute puissante, mais bon ça donne de la force au style.

Si vous avez aimé Stupeur et tremblements, jetez-vous sur Ni d'Ève, ni d'Adam. Cela se passe un peu avant qu'elle soit embauchée au Japon, quand elle y suit des études et vit une relation avec un Japonais, dont j'ai trouvé le comportement PARFAIT. Flegmatique jusqu'à la sagesse, attentionné de façon presque exagérée, entier, comique, n'ayant pas la moindre once de méchanceté ni même de mal en lui. Parfait (trop sans doute, hélas) jusqu'au bout, vous lirez peut-être que la fin n'est pas terrible mais c'est faux. Il fallait cette fin pour ce samouraï de l'amour (je suis si sensible T_T, un vrai bébé (cadum (la chatte à Laure, la chatte à Laure, elle pue le chlore))) qui voudrait être templier ou vivre dans l'Égypte ancienne. Bon de son côté, Amélie est non moins gentille, la différence culturelle rend l'histoire très très sympathique, comme quand elle doit faire la conversation à elle toute seule alors qu'elle est présentée à ses amis à lui et qu'ils écoutent religieusement. Il faut savoir qu'au Japon existe un métier de parleur professionnel pendant les repas au restaurant où les gens peuvent se concentrer à manger pendant que le parleur imagine ce qu'ils auraient pu se dire d'après les renseignements personnels qu'il a glanés. Assez étrange, non ?

Il y a aussi des passages très bien écrits, comme quand Rinri, puisque c'est son nom, demande Amélie en mariage et qu'elle dit qu'il faut déjà être fiancés. Elle raconte que c'est un choix liquide de fuite, assez difficile à vivre car les gens préfèrent les choix durs comme des rochers, mais que l'eau au moins permet d'éviter le mariage qui l'aurait glacée ou la rupture qui l'aurait vaporisée, quelque chose dans ce gout là qui dure quelques pages au style de premier ordre.

Je me rends compte que j'ai beaucoup parlé et je vous laisse sans ma critique sur le film Inception à propos duquel je vous conseille de faire votre propre avis. Mais pour en dire deux mots, sachez qu'il m'a mis dans un état de précrise sans même que je souffre d'insomnie, c'est du bon alors non ? ;-)

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