L'antre d'un loup solitaire

Le blog d'un vieil étudiant un peu asocial, un peu schizophrène, mais qui se soigne.

vendredi, septembre 26, 2008

Et ça continue encore et encore

C'est que le début, d'accord, d'accord.

Ceux qui ont lu mon dernier message l'auront compris, trop de pêche tuant la pêche, on a dû m'hospitaliser encore une nouvelle fois. Finalement je suis plus ami avec les infirmières et infirmiers que je rends dingues au début et puis ensuite je suis coopérant et tout rentre dans l'ordre, cette fois il paraît que j'ai jamais été aussi violent, j'ai à moitié étranglé une doctoresse que je ne connaissais pas directement à la sortie de l'ambulance, ensuite j'ai été docilement m'asseoir au fond de ma cellule d'isolement et quand ils ont donné le coup de clef qui fait vraiment clic j'ai jailli en coup de pied sauté et j'ai ouvert l'isolement, ensuite j'ai défoncé la protection qui m'empêchait d'aller plus loin et j'étais libre d'agresser qqun pour avoir la clef du bâtiment mais une fois la liberté goûtée, je me suis sans doute dit qu'il valait mieux pour moi retourner calmement en isolement, dont acte.

Ensuite j'ai carrément été mis en contention, pieds et poings liés pendant un temps long mais incertain, à l'infirmière qui allait me mettre la ceinture abdominale de contention j'ai signifié en arrêtant le geste que comme Hannibal Lecter j'aurais pu la mordre, bref j'étais ultra violent, et pourtant je me suis soigné en moins de 2 mois. À la première piqûre qu'ils m'ont fait de force en entrant tout de suite, ils m'ont dit que c'était une dose à faire dormir un cheval pendant 48h, mais moi je me disais que j'avais compris enfin l'univers, tout devenait cohérent, les équations de Maxwell-Faraday, e=mc², tout ça, c'était cohérent enfin et les trucs d'amour, et la psychochose, tout devenait clair. Donc je devais être tué pour ça et par des psys (coucou Douglas), et j'ai résisté (dormir c'est mourir un peu) encore 36h avant de m'effondrer pendant 18h ou j'étais tellement crevé qu'ils m'ont rasé, lavé, coupé les ongles, sans que je me réveille.

Et le problème est là, je ne dors pas car quand on dort on est vulnérable, or je suis avec le cerveau dans le rouge en état d'hyper vigilance et d'hyper sensibilité, et on ne dort qu'en lâchant prise, n'empêche que quand tu te laisses tomber en arrière avec un gars qui doit te rattrapper dans les exos à la con qu'on te fait faire un peu partout, si qqch perturbe le rattrapeur, tu te fais très mal, comme dans je ne sais quelle pub, cf aussi l'accident de voiture dans Fight Club, complètement différent du livre [mais quand je le relirai j'en ferai une critique avec aussi une critique du film et une étude des différences, un jour, si j'ai le temps et si c'est pas la fin du monde avant que j'y arrive].

Vous savez ce qui me dérange le plus dans cette affaire, pas un message sur le téléphone, un seul sms de Carine (coucou), abandon des parents, rien de la part de ma loutre géante d'amazonie. C'est pourquoi il n'est pas le moment de mourir sans laisser une seule trace dans ce monde que le peu que j'y ai fait. Maintenant ça va chier, dans le ventilo même. Je vais déjà tâcher d'écrire de plus en plus de critiques légères ou lourdes suivant l'humeur, essayer de faire un état du patrimoine culturel personnel et familial et relire des trucs juste pour les critiquer en disant avant ce que j'en ai retenu, bref, encore et toujours faire travailler mon cerveau mais en prenant de vraies notes, pas juste penser la nuit sans dormir et n'être pas capable d'exprimer par la plume virtuelle une fois debout. Je pense utiliser la fonctionnalité dictaphone de mon lecteur mp3 si j'arrive vraiment pas à arrêter de penser et il faut que je déchire toute la merdasse que j'ai écrite cette hospitalisation ci et celle d'avant.

Maintenant je vais être suivi dans ce qu'ils appellent "l'hôpital de jour" où on fait des activités thérapeutiques et je crois pas que ça va me déplaire, chorale, expression corporelle, peinture, activités manuelles de décoration, aquagym, gym douce, relaxation, cuisine, jeux de société, cinéma, critique d'article de presse, j'ai le droit à une semaine pleine pour essayer un maximum de choses avant de signer un contrat me liant à ma psy et à 2 infirmiers sur mon engagement à faire ces activités ou d'autres et j'ai le droit de changer plus tard, si je veux faire de l'équitation (mais ça va pas un manège après avoir galopé en liberté dans la lande irlandaise (coucou Broad Meadows)), ou nager avec des dauphins. Je ne voulais plus entendre parler de l'UTBM mais soutenu par l'hôpital et une association sur le handicap, je pense que je peux les obliger à me laisser avoir mon diplôme à mon rythme, je ne voulais plus rien savoir d'eux, mais c'est le meilleur choix.

À propos de la psychologie et pour répondre à Lolo, je te signale qu'en prépa et tout au cours de ce qui en a précédé, on a appris des choses qui nous dépassaient et on les a démontrées bien plus tard (en 4e en TP, je faisais converger les lentilles divergentes et ma prof ne me disait rien d'autre que "chut" parce que j'étais le premier), y a que les maths comme science sinon tu peux dire, la physique ce ne sont que des modèles, comment les planètes savent qu'elles sont attirées les une les autres, on te balance Newton et un soi disant graviton de mon cul, ensuite vient Einstein et l'espace-temps déformé, tu vois l'espace se plier et les planètes évoluer dans leur rigole comme une boule de bowling désaxée et qui sont capables de sortir de cette rigole avec suffisamment de vitesse, etc, et ensuite t'as la théorie des cordes, bref, ne jette pas la pierre sur Freud, (ce qu'on ne sait pas, on peut le deviner, et ce qu'on ne devine pas, on peut le pressentir, tu dois être en manque de polar je pense), lis plutôt Jung et suicide toi en sachant que tout ce que tu peux faire de bien est de laisser une trace qqpart, et rares sont les gens à laisser une vraie trace, et toute trace s'efface avec le temps, les gens ne font pour la plupart rien, à part des enfants, en espérant qu'ils les pourrissent pas de leurs névroses propres, les couples sont soudés par l'odeur corporelle du parent opposé et ton cerveau principal est le reptilien, les couches suivantes n'étant là que pour te faire croire que tu es intelligent et ne parlons pas de Dieu.

Je ne changerai pas une critique qui déjà le signalait mais je me suis rendu compte que la nouvelle de Connie Willis sur la mécanique quantique, ben la narration est quantique, les étoiles de stars sont disposés tels des particules élémentaires, on comprend pas bien, et le cinéma où elle va propose plusieurs choix de fins pour le même film, et on sait pas tel le chat de Schrödinger dans quel salle vont être vos amis avant d'y aller et l'expérience influe sur la mesure, etc. Et je rajouterai une dernière chose sur le livre (Passage) beaucoup trop long que j'ai fini juste à temps avant d'être enfermé et que je ne devrai donc pas relire compulsivement tout de suite, que s'il est long, c'est qu'il est long comme la mort, comprenez l'au-delà et que chacun va là où il croit aller, à la Terry Pratchett et que l'héroine se retrouve bel et bien sur le Titanic qui est sa passion, sa croyance presque, et ben quand il a coulé, il a fallu attendre longtemps les secours, et on apprend quand même à chaque paragraphe un petit peu plus sur le Titanic où l'auteur est très bien documentée, trop car elle aime pas le film de James Cameron à cause de, et la fillette passionnée par les catastrophes a aussi son petit destin dans le livre et c'est bien sympa, à lire donc, mais s'armer de patience pour. Ptetre un jour, la critique sur amazon et/ou sur ma page...

C'est tout pour le moment, je vous laisse avec ce que j'ai pondu en écrivant ce mail, une petite presque contrepètrie en anglais que je trouve poëtique et lourde de sens et je n'ai pas le courage d'en faire un haïku, alors je le livre comme ça :

The sky makes me scream

The screen makes me cry

loup silencieux devenu loup solitaire

PS : Merci Moussa, Antoine, Dominique, Thierry, Fanny, Emanuelle, Laeticia, Émilie, Mireille et bon courage à Alexandra, Nordin, Johannes et bonjour à Fabrice, Jérôme, Nadia, Alexandra T.

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