L'antre d'un loup solitaire

Le blog d'un vieil étudiant un peu asocial, un peu schizophrène, mais qui se soigne.

mercredi, octobre 24, 2007

Herméneutique dickienne

21h51, exctinction des feux après avoir lu une vingtaine de pages de Tous à Zanzibar. Puis interversion en douceur de la position des jambes pour se retourner sur le ventre sans que la bouillotte à fourrure qu'on appelle chat ne s'en aille dérangée. Après quelques tergiversations, changements des côtés de la tête qui repose sur l'oreiller et de la jambe repliée, vient le sommeil et les rêves agitées que je fais et que je faisais même si j'ai connu des interruptions de sommeil très lourd, comme celui auquel je dois ma faiblesse nerveuse dans la main gauche.

Et là, rien ne va plus même si je ne sais le décrire. Je rêve. Je rêve que je rêve. Je rêve que je rêve que je rêve. Et après je connais des sensations très fortes comme si j'étais dans un manège rapide avec souvent des impressions de poursuites, une sensation qui revient souvent est la descente d'escaliers avec saut et virage à l'aide d'une petite colonne verticale qui prolonge la rampe à la fin de chaque volée de marches, ce qui me rappelle les acrobaties que je faisais effectivement au lycée. Ça s'accélère et je lutte, je sais que je rêve et je veux me réveiller. Alors je rêve que je rêve que je me réveille.

Ensuite, souvent je rêve que je rêve que je regarde un film où on me voit rêver que je rêve. Et je ne suis pas seul. Souvent j'essaie de convaincre une prof de français qui a gardé des séquelles de son passé gothique, que tout ceci n'est qu'un film dans un rêve de rêve, je n'arrive pas à la convaincre, elle se défend avec tout un arsenal philosophique sur la réalité et j'en garde des traces de débats passionnants. Alors j'essaie de convaincre mon pote le bobo parisien blond blasé et mal rasé qui me parle drogues et hallucinations. Des fois un corpulent professeur retraité de philosophie barbu, qui ne sait pas parler sans expliquer, intervient et me raconte des trucs, des fois j'en sors avec un savoir qui semble jaillir de nulle part et quand je m'en souviens, je vérifie mes sources, mais en fait souvent, je me souviens que c'était des trucs que j'ai sus et que j'ai oubliés avant qu'ils me soient rappellés par ce moyen qui me semble extraordinaire à chaque réveil, et pourtant qui relève du fonctionnement normal du cerveau pendant le sommeil paradoxal. Puis tout se brouille, j'ai l'impression de lutter pour faire des mouvements, je me sens paralysé. Je rêve que je me réveille en sursaut, je lutte encore un petit peu, là je fais un rêve passionnant qui prend la forme d'un film que je regarderais et je me réveille.

Et là, je me sens bien. Je me dis que mes rêves sont fantastiques et ne sont heureusement pas le traitement simple de mes mornes journées. Et je me souviens de tout. En particulier du moment intense de fiction qu'était le film, alors que le reste est impressions et dialogues. Je me dis qu'il faut que je m'en souvienne, que je l'écrive, et mentalement je compose des milliers de ligne en quelques minutes. Et alors la mémoire s'en va, la matière du rêve se dissipe comme une brume vaporeuse. Alors j'écris en quelques minutes mentalement d'autres centaines de lignes, comme ce témoignage, puis des explications sur des théories de la folie, de la paranoïa, des théories sur le sens de la vie, puis tout ça me semble vain, chiant, et je deviens las.

Alors je pense à l'amour et à Philip K. Dick. Et je me dis qu'il serait formidable d'avoir une créature tendre et douce avec qui parler de l'herméneutique dickienne, enfin non, ou alors une fois, c'est chiant, mais avec qui on sait qu'on peut rester des heures à se comprendre en silence, et des heures à parler en trouvant ça passionnant. Et je me remémore les centaines de filles dont je suis tombé amoureux, parfois des rencontres de quelques heures, parfois des fantasmes à partir de dialogues sur irc (heureusement maintenant il n'y a plus que des cons sur irc, alors j'arrive à arrêter), et je me dis que c'était ma foi bien agréable ce sentiment, même éprouvé brièvement et relativement rarement tant je suis à la fois difficile et ultra-rapide pourtant, ou justement, à tomber amoureux. J'oublie ces lignes que j'ai écrites et je me dis que bientôt je pourrais lire Philip K. Dick qui attend dans ma PAL et que je ne connais pas encore si bien même si j'ai l'impression de le comprendre.

Et alors, je me rendors. Je sens le chat qui revient après avoir été chassé quand je me suis retourné pour penser et je replonge dans l'ouate de mes rêves, mais là je n'en ai plus conscience, ça ressemble plus à du rêve de sain d'esprit, des images sans lien, une conscience brumeuse, et quand le réveil sonne, je me dis que j'étais réveillé et endormi à la fois depuis plusieurs heures sans pouvoir faire la différence.

Alors je dois trouver le courage d'affronter une journée de bureau morne et sans intérêt. Ce qui me maintient en vie c'est la liste des livres que je n'ai pas encore lus et au travers desquels il ne serait pas convenable de ne pas avoir voyagé, même si je ne lis plus que quelques minutes avant de dormir, je n'ai plus envie de dévorer, tant mieux ça me permettra de survivre plus longtemps. L'espoir de rencontrer l'amour me fait tenir aussi, mais bon sang que la barre est haute après mes sentiments à sens unique éprouvés si fortement et dont je me rappelle chaque nuit maintenant.

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jeudi, octobre 18, 2007

Le choix dans la date

Ouf, le grand patron a été sympa, on n'a pas vraiment parlé de mon stage, c'est surtout le tuteur qui a parlé du projet dans sa globalité, et le grand patron m'a surtout dit qu'il fallait que je planifie mes tâches selon un agenda rigoureux, pas de passage de savon, pas de demande d'impression, bref, presque du grand n'importe quoi. Ça valait pas le coup de stresser, de dormir qu'une heure, et d'être si mal.

Par contre, juste après je demande du travail à mon tuteur et là il m'a bluffé, j'ai entravé que dalle à ce qu'il a raconté, mais keud de chez keud, du coup je me suis dit, bordel, ça va de nouveau être la déprime. Et en fait non, j'ai fait quelque chose, sans doute de la merde puante, et je lui montre demain pour le faire chier un peu lui aussi.

Sinon, j'ai passé un cap dans mon manque de meuf. Fréquenter la charmante collègue à midi qui est hélas prise et bien prise, m'a fait me rendre compte à quel point une meuf ça peut être cool, chose que j'avais presque oubliée avec les problèmes que j'ai eus dernièrement où il y avait plus de prise de tête que de bonheur. M'enfin partager les joies de la vie, c'est mieux que de les vivre seul, franchement, non ? Surtout que j'ai pas trop de vrais potes sur place...

Et donc ce cap ? Comment s'est-il manifesté ? Ben j'ai rempli mon profil orkut à fond, j'ai completé celui de blogspot, j'ai mis ma photo en gros sur ma page perso, j'ai tout linké, et maintenant j'attends. Je pourrais aller plus loin et mettre une vraie photo sur mon profil blogspot mais j'aime bien la photo du loup et il suffit de 2 clics pour trouver ma photo, alors si ma future amoureuse (un jour... ma princesse... viendra) ne se donne même pas cette peine c'est que je l'intéressais pas vraiment, de toutes façons les meufs ne chassent pas, il faut évoluer mes petites, le hasard ou la boîte c'est pas le tout pour rencontrer la vraie âme soeur avec qui on s'entendra vraiment, les profils renseignent bien plus. Je laisse ça jusqu'à ce que ma situation change vraiment : obtention de diplôme, pétage de câble, déménagement, et si l'approche directe ne donne rien non plus que l'action indirecte, il faudra s'inscrire sur des sites de rencontre, et ça, quand même, ça reste la lose.

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lundi, octobre 15, 2007

Stressss

Voilà 5 semaines que je bosse et le bilan n'est pas fameux. Deux jours et demi d'absence, dont ce vendredi, où j'ai eu un coup de speed et où je voulais tout arrêter pour faire autre chose, par exemple un CAPES, mais évidemment ce ne pouvait pas être très sérieux comme décision. J'ai écrit à mon suiveur, c'est à dire le prof qui est là pour m'aider pendant mon stage, en lui disant que ça ne se passait pas très bien, que je restais parfois plusieurs jours sans travail, que je n'étais pas sûr que ce que je faisais serait considéré comme un sujet d'informatique convenable, etc. Mais il m'a rassuré en me disant que c'était presque normal pour un premier stage.

Du coup je suis revenu au boulot ce lundi, et là surprise, Maria m'a subtilisé mon alimentation d'écran et ma souris pour les donner à une nouvelle embauchée. J'aurais pu me passer de la souris mais pour l'alim c'est plus dur. Et donc là, je me suis retrouvé honteusement sans PC. Et en plus Maria m'a informé que j'étais convoqué chez le grand patron jeudi, et pour sûr il va me passer un sacré savon à propos de mes absences et de mes nombreux et énormes retards quotidiens.

En attendant, j'ai écrit ce post sur un cahier. Ça m'a donné une contenance et mal à la main. Et maintenant je suis là à attendre, mais si ce post est effectivement publié, c'est que la situation sera revenue à la normale.

Ajout après avoir mangé en galante compagnie et avoir bien rigolé : ça va beaucoup mieux, j'ai de nouveau un PC, j'ai régularisé mon absence, et je ne pense pas que je vais me faire passer un si gros savon en fait. La crise est passée, puisse ce post en témoigner pour des temps immémoriaux.

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