J'ai fini Nous les dieux / L'Île des sortilèges, et c'était pas mal. Une histoire un peu plus passionnante que le précédent tome qui était quand même honnête, pas mal de mythologie grecque, ce qui est plaisant, et même un relatif expert comme moi y trouve de la matière nouvelle. Au début ça m'a un peu saoulé parce qu'il est dans son trip sur l'ADN, mais ensuite ça va quand même, l'intrigue est bonne. Par contre ça se finit en plein milieu de l'action. La suite ! La suite, bordel, et quand je l'aurai, je voudrais la fin ! La fin, bordel quoi.
Bon sinon, j'attendais au tournant Connie Willis pour son deuxième recueil de nouvelles Aux confins de l'étrange, et après avoir été un peu déconcerté, j'ai trouvé ce que j'attendais, et ce fut tellement bon que je n'ai dormi qu'une heure avant de devoir aller en cours. La nouvelle Pogrom spatial est excellentissime à mon goût. Bon les autres d'abord. La première Le dernier Winnebago est censée parler d'une fin du monde progressive. Moué. Dans un monde où les chiens ont disparu, l'équivalent de la SPA est devenue autoritaire et toute puissante et protège les chacals. Notre protagoniste en voit un mort sur l'autoroute qui est en cours d'aménagement pour que les voies soient séparées chacune dans son couloir, enfin si j'ai compris, c'est pas très clair. Il essaie de contacter anonymement la société qui s'occupe de ça mais ils le retrouveront et l'embêteront. C'est un photographe qui va voir le dernier Winnebago, le dernier camping-car encore en activité car ceux-ci sont de plus en plus interdits et ne peuvent plus vraiment circuler à cause de l'aménagement des voies. Les Winnebagos étaient une tribu d'indiens qui fut exterminée. Mais en fait, outre la nostalgie des chiens, l'histoire parle de ce photographe qui trouve que les chiens n'étaient pas photogéniques et préfère les retrouver sur le visage des gens qui les aimaient quand ils en parlent. Mais ce n'est pas un cliché facile à prendre. Ça parle aussi de la femme qui a écrasé son chien alors que c'était un des derniers survivants de la troisième épidémie qui les a décimés. Enfin voilà, l'intérêt est certain, mais pas si évident. C'est un drôle de récit. Mais comme il a remporté le Hugo et le Nébula, forcément il est inclus dans ce recueil. La deuxième nouvelle Même sa Majesté est une réponse de Connie aux féministes qui disent qu'elle n'a jamais parlé de leurs problèmes. Celui là se passe dans un futur où les femmes ont connu la Libération : il existe un traitement facile pour ne plus avoir à subir ses menstruations et les SPM (Syndromes Pré-Menstruels) qui en découlaient. Mais un groupe appelé les Cyclistes revendique le retour au naturel pour le corps de la femme qui serait asservie par l'homme plutôt que libérée et la fille d'un des personnages veut rejoindre cette sorte de secte. Des femmes de sa famille se réunissent pour la convaincre et évoquent leurs souvenirs et leurs théories. Ben en fait, c'est pas mal, mais bon... La troisième nouvelle, Le rayon de Schwarzschild, parle de ce scientifique juif allemand qui a inventé la théorie des trous noirs alors qu'il était artilleur sur le front russe pendant la première guerre mondiale et atteint d'une maladie mortelle incurable. Intéressant, mais c'est raconté drôlement, on n'est pas sûr que ça soit vrai d'ailleurs, enfin bon. Ado est un tout petit texte sur un futur où une censure absurde, donc comique, règne. À tel point que quand les élèves doivent étudier Macbeth, il n'en reste que 5 lignes d'un dialogue sur le temps qu'il fait. Pas trop mal.
Et ensuite le génialissime Pogrom spatial. Connie a voulu ça comme un hommage aux comédies de l'âge d'or du cinéma américain. Sur le thème immuable de la charmante héroïne avec un fiancé mal assorti qui fait la rencontre d'un héros mystérieux. Avec une foule de seconds rôles folkloriques, une intrigue abracadabrante avec des quiproquos, des conversations où abondent les traits d'esprit, des mariages blancs et de la danse et du chant. En effet y a tout ça. Sur une station orbitale surpeuplée, des linguistes, scientifiques et ambassadeurs japonais et américains, négocient avec des extra-terrestres qui viennent d'arriver en soucoupe. Ils ont redistribué les simples passagers dans des sous-locations, et de fortement peuplée, la station est carrément devenue surpeuplée avec l'arrivée des touristes intéressés par les ET. Notre héroïne sous-loue sa chambre à M. Ohghhifoehnnahigrheeh dit Okeefenokee dit Okee, un fort sympathique alien qui achète tout plein de souvenirs exotiques terriens, ce qui n'arrange pas la quantité d'espace vital disponible. Un jour il revient avec notre héros qu'il impose dans la chambre de notre héroïne. Il dormira d'ailleurs dans un hamac d'astronaute accroché au plafond, ce qui donnera l'idée au vénal propriétaire de subdiviser les chambres verticalement, lui qui a sous loué son appartement à 10 personnes et vit sur le palier avec d'autres, même les marches sont louées et mêmes sous-louées. Parmi tous les habitants, on trouve deux gamines de 6 ans qui veulent se faire remarquer par Spielberg qui serait présent dans la station, elles chantent, font des claquettes, sont de véritables pestes avec les adultes qu'elles imaginent toujours préoccupés par leur appétit sexuel, et l'une des deux zozote. On trouve aussi une danseuse de sutorippu (strip-tease :p) dans une pizzeria-tempura ("seins nus, fesses nues, spectable permanent") aux avantageux atours qui essaie de trouver un mari depuis la rupture d'avec son notaire d'ex qui considérait surtout l'aspect contrat légal et ses avantages dans le mariage, un peu comme le fiancé de l'héroïne, qui de plus la néglige, le muffle, trop occupé par les ET. Bon vous l'aurez compris, vu que la station est japonaise, y a pas mal de culture japonaise dans le récit, avis aux amateurs. En particulier dans ce qui est un des centres du récit, la communication avec les aliens qui parlent l'anglais et le japonais, mais assez spécialement. Voilà. Si je vous dis que l'alien est un vieux roublard qui s'est mis en tête de marier le héros et l'héroïne, et l'affiche publiquement, et que ceux-ci se verront offrir un pendentif qui permet de communiquer par sous-vocalises, en gros les pensées, oui ça peut être drôle. Et ça l'est. Et il reste six autres nouvelles.
Avec Love actually en plus qui passait l'autre jour, mais on ne me fera pas croire que les Anglais soient si portés sur le sexe en vrai, non, ça restera le dernier peuple coincé selon San-A, bon bref, et ben ça me fait cruellement réaliser à quel point je suis en manque de copine. Ce n'est pas tant le sexe, même si niquer, baiser quoi bordel de merde, ne serait pas de refus alors que j'arrive à un âge où normalement, après l'avoir fait à couilles rabattues, on s'en lasse, s'assagit, se case. Mais l'amour aussi, et le bonheur offert par Connie serait multiplié en le partageant, moui je sais, il reste le blog. Il reste le chat, les amis, les livres et films, la musique, l'ordi, le rubix cube, les maths, la famille. Nan je retire la famille. Bon il reste tout ça c'est vrai, et la vie est belle, mais merde quoi, lecteuse, lectrice, contacte moi.
Libellés : amour, littérature, sexe